Enfant de famille monoparentale

Enfant de famille monoparentale : et si on arrêtait d’en faire une victime ?

J’écoutais jadis les bavardages de ma fille lorsqu’elle était en primaire, et je me réjouissais parfois de ce que j’entendais. Les malheurs de sa maîtresse, assiégée par une bande d’affreux jojos qui lui filaient des cheveux blancs me faisaient bien rire, je l’avoue. Parmi eux, en effet, aucun enfant de famille monoparentale n’était à déplorer. Tiens donc ? Il y en avait pourtant quelques-uns dans cette classe, comme partout. Des faits, donc, qui venaient me confirmer que l’attitude de nombreux enfants de parents solos dément les enquêtes qui les concernent. Un vrai rayon de soleil, lorsque l’on pense qu’ils sont joyeusement et couramment dépeints comme porteurs de difficultés comportementales et scolaires endogènes à leur milieu familial. Je ne souhaite pas m’attarder, dans cet article, sur le travail de ces études, mais plutôt m’attacher à témoigner des qualités intrinsèques de ces enfants, que l’on s’imagine d’une manière un peu trop systématique, accablés par la vie et leurs parents.

Enfant
de famille monoparentale : parlons de ses points forts

Mon propos n’est pas de prétendre que grandir dans une famille monoparentale est facile et idyllique, Il ne s’agit nullement d’un chemin parsemé de roses lorsque l’on connait les difficultés financières et les problèmes de logement de ces familles. Néanmoins, les experts sérieux ne cessent de le redire : c’est le contexte économique et socio culturel difficile de ces familles qui sont le terreau des difficultés pour un enfant de famille monoparentale, et non la structure de la famille en elle-même.

À cela j’ajoute, pour l’avoir vécu, que des difficultés d’ordre économique et sociales créent aussi des réflexes d’adaptation à la vie, dont bénéficient très tôt les enfants. Ce qui ne les condamne donc pas à être des inadaptés, ou des artisans du désordre… Comme l’illustrait avantageusement les malheurs de la maîtresse de ma fille, agressée par les pitreries d’enfants en manque de repères, mais pourtant bien lotis du point de vue de la CSP de leurs parents ! De quoi penser, donc, que les difficultés éducationnelles ou familiales ne sont pas l’apanage d’une classe d’individus clairement définie aujourd’hui.

Outre une meilleure adaptabilité aux conditions matérielles de l’existence, un enfant de famille monoparentale a des chances de développer très tôt, une plus grande sensibilité à l’injustice.
Et pour cause, me direz-vous, car le nombre important de mères seules concernant ces parents la subit souvent de plein fouet. Rappelons, par exemple, qu’une mère solo est en moyenne moins diplômée, moins bien payée, et plus sujette au harcèlement dans son travail, par exemple.

Il en résulte pour les enfants, que, voyant très tôt leurs parents se débattre dans la mouise, leur adaptation au réel s’en ressent. Est-ce un hasard si les enfants de solos qui réussissent le fond en développant très tôt un sentiment de revanche ? Assurément non. Et penser que cela résulte d’une souffrance de départ est inexact à mon sens, car cela puise aussi son origine dans la faculté à se déterminer intervenant chez eux plus tôt. Faculté qu’il développent par mimétisme avec leur milieu, notamment lorsque la pugnacité du parent (souvent la mère) est forte, même si le mimétisme s’étend aussi aux frères et sœurs plus âgés.

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Les enfants de solo vont aussi être des enfants plus « politiques », les difficultés de leur structure familiale leur ayant appris très tôt que l’on peut avoir besoin de tout le monde. Peu prompts à s’affirmer en public, ils cachent souvent en eux de la prudence, plus que de la timidité. Ils cultivent aussi leurs talents dans le secret de leur chambre et aiment surprendre leurs professeurs et les autres quand ils ne s’y attendent pas…

Il faut aussi souligner que le respect de tout un chacun est imposé plus tôt et par la vie aux enfants de familles monoparentales. On le sait, et même si cela dérange, que les femmes seules sont capables d’élever des enfants très avisés…. Elles apprennent, de fait, très vite à leurs rejetons les règles qui aident à vivre en bonne intelligence avec chacun. Avec leur vie surchargée, elles ont, il est vrai, peu le temps de se laisser vivre et  de s’occuper  des affaires des autres : et cela aussi forme la cervelle de leur progéniture !

Les enfants de solos mettront fin à la guerre des sexes !

Je m’étendrais davantage sur le cas des filles, compte tenu de mon expérience concrète dans ce domaine.
J’ai élevé une nymphette fière de sa féminité. M’ayant toujours vu gongler   entre casseroles et tournevis, elle s’est insurgée très tôt contre le fait que les garçons étaient « les plus forts ». La seule idée que l’on pouvait lui contester ses capacités la révoltait de façon épidermique ! Selon elle, d’ailleurs, les filles travaillant mieux à l’école, les garçons n’avaient rien à envier…

Quant aux garçons élevés par leur mère, je suis aussi persuadée qu’elles ne les transforment pas systématiquement en homo !  S’ils font des jaloux, c’est qu’ils entretiennent peut-être une complicité plus forte avec le féminin, et que cela accroît peut-être de manière significative leur sensibilité, et partant, leur quotient émotionnel. Bref, ces mères nous fabriquent les « anti-macho » de demain, et nous avons bien besoin de cette nouvelle race d’hommes !

Et si on arrêtait le misérabilisme ?

Certes les séparations ne sont pas sans conséquence sur les enfants élevés en famille monoparentale, mais les considérer systématiquement comme des victimes finit par relever de la caricature.

Car c’est oublier qu’ils auraient été parfois plus dévastés si les parents n’avaient pas su se préserver en se séparant, plutôt que de se déchirer et de se tromper notoirement durant de longues années.
C’est oublier aussi que ce sont les rancunes et les conflits que les enfants détestent le plus et qui les empoisonnent. Or, pour se disputer et se battre, c’est mieux quand on est deux, non ?

En fait, je crois que ces enfants en majorité sont plus en paix qu’on ne le pense. Les imaginer perpétuellement immergés dans l’horreur des disputes n’est pas très rationnel et relève plus d’une phobie bien-pensante que de la réalité.

Plus que la situation maritale des parents, c’est leur équilibre et leur solidité qui compte pour leurs enfants, quelle que soit la manière dont ils ont décidé de les élever.

Alors, si vous voyez un matin une petite fille souriante embrasser sa mère seule pour aller rejoindre ses camarades avec une trace sur la joue, arrêtez de croire qu’elle a pris une baffe, c’est juste du rouge à lèvres.

 

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